Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Toutes ces émotions en si peu de minutes m’ont données faim.
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Le bébé dans mes bras
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Après avoir béni certains convives, léger comme une plume, je suis les invités impatients d’aller se restaurer.
Ma vieille maman est là, je la prends par le bras et d’un pas lent, je lui indique sa table.
‘..Tu es où toi... ?’
‘...Je suis là maman pas loin de toi... !’
Elle s’assoit prés de sa fille et son gendre mais pas pour longtemps.
Dix minutes plus tard, elle ramène sa chaise à ma table en la trainant et la voilà installée genoux contre le mien. Je la regarde et par ce regard lui fait comprendre qu’elle ne changera jamais.
En guise de réponse, elle me prend la tête et m’embrasse avec effusion...Elle me bénit.
‘...J’espère assister à son mariage... !’ Qu’elle me dit, soit dans je ne sais pas quand et cela revient à dire, en calculant serrée, qu’elle aura 120 ans. Puisque 90 sonne à sa porte.
Je lui réponds surement au vu de son état déglinguant mais vous savez les vieux, ils espèrent toujours et ce qui est étonnant, ils ont la foi dans la vie. Et surtout ils ne désespèrent jamais de voir et toujours voir et d’assister aux événements, aux fêtes, reste à savoir si nous, nous sommes encore là.
C’est fantastique, cette soif chez les vieux, de toujours rester en vie, de jouir de la vie.
Lorsque j’entends des adultes dans la force de l’âge dire j’en ai marre de la vie, les vieux disent
‘..J’aime la vie... !’ Et lorsque je fais savoir à maman qu’il faut aussi penser à nous, car D ieu ne donne pas souvent la même durée de vie aux uns et aux autres, elle répond ‘...Vous vivrez APRES MOI dans le bonheur et la joie... !’
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L’arrière grand-mère
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La tristesse chez ces vieilles personnes ne s’accommode pas avec leur tempérament. Et souvent la solitude dans laquelle ils ou elles vivent nous rend coupables aux yeux du divin.
Cette conviction et cette assurance font d’eux et d’elles, ces vieux papas, papis, vieilles mamans et mamies, le symbole de l’assurance dans la continuité de la vie pour leurs enfants et petits enfants.
On ne peut que s’en féliciter car une maman qui souhaite de profiter de la vie au maximum et une maman qui croit absolument au bien de sa progéniture. Elle donne à la vie, toutes ses lettres de noblesse. Et que le mot APRES MOI est une forme de générosité qui bouscule les règles de l’égoïsme.
Assise, elle fixe ses petits yeux sur moi, ces petits yeux qui rétrécissent à mesure que l’âge prend le dessus. Elle boit mes paroles et rit lorsque je ris. Je suis son héros du jour, un piètre héros d’un jour, d’un moment, d’une poignée de secondes. De temps à autres, elle prend ma main, la caresse et me dit ‘...Je me souviens lorsque tu étais petit... !’ Me voilà à présent faire un retour en retour, un bond de 65 ans. ‘...Tu étais maigrichon, et le Moel hésitait à faire ta Brith Milah... !’ Circoncision.
Quelques jours plus tard, juste après ma Milah, j’étais anémié et maman a du m’offrir de son sang. Qqs centilitres, qui m’ont permis de tenir le coup. Ces qqs centilitres, une dette qu’elle me rappelle bien souvent encore aujourd’hui. Une dette qui prend l’aspect d’un chantage et que je porte dans mes veines comme la toison d’Hercule.
Je me dirige vers le buffet et lui apporte son plat de sucreries et autres petits salés.
Et à chaque fois une bénédiction douce, sucrée et parfois amères comme cette remarque
‘..Tu n’aurais pas pu parler de moi, faire un discours... ! Moi qui t’es rapiécée tes culottes... !’
Le morceau de mandarine que je mâchais dans mon palais a prit soudain le gout de l’orange amère.
Mais bon c’est ma vieille maman au gout salé.
Arrive le moment de partir et là, je la vois se lever, se diriger vers le buffet.
Un morceau de papier alu dans les mains, je la surprends entrain de se préparer un petit paquet de gâteaux orientaux. Gestes dont j’ai horreur. Je le lui dis. Elle se fâche et regagne sa place.
Elle laisse la chose sur le buffet. Mais, alors que j’ai le dos tourné, elle se re-prépare un autre paquet de gâteries, je laisse faire, et là elle engouffre le tout dans son sac, ni vu ni connu, elle reprend son sourire, en signe de victoire alors que j’abandonne la partie, tout cela pour vous dire qu’une vieille maman n’abandonne jamais une idée préconçue et sucrée qu’elle a dans la tête.
R.M.
Albert.
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Dodo, l’enfant do...
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