Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Rahem, fin
Par Albert Siméoni
La patience de Jonathan est payée de retour.
Enfin, la porte s’ouvre sous la pulsion de ses mains, il s’engouffre.
Il regarde derrière lui si personne ne la suivi.
Il est dans le hall. Il appuie sur l’interrupteur, la lumière apparaît.
Des boites aux lettres sont alignées à sa droite.
Il s’arrête un moment comme s’il voulait se reposer. Il est prit par une angoisse, sous la pénombre de la voute.
La cour est déserte et les rayons du soleil dardent le sol.
Il y a bien un dallage fait de pavés. Des portes, deux à gauche et une à droite. Il lève les yeux, il voit des fenêtres aux étages. Du linge qui sèche aux cordes. Des pots de fleurs sont alignés dans un recoin de la courette.
Il est devant ce qu’il a vu dans ses rêves.
Il avance prudemment.
Il marche sur les pas de son ‘ami’. Il est dans la cour de son ami SHLOMO, HALEVY, celle de ses jeux.
Il avance lentement. Avec appréhension. Il craint de voir surgir un lointain du passé qu'il ne connait pas mais qu'il imagine. Ses oreilles bourdonnent. Il entend une voix de femme.
Il lève la tête mais il n’y a personne. Il entend des portes qui claquent.
Il est au milieu de la cour. Jonathan se baisse et effleure les pavés de ses doigts qu’il porte à ses lèvres comme le ferait n’importe quel adulte devant un sanctuaire.
Il transpire. Il s’imagine entendre des cris. Des hurlements de frayeur sortent des fenêtres. Des femmes et des enfants dévalent les escaliers, ils fuient alors que des soldats en uniforme les poursuivent. Il voit de la fumée sortir des chapeaux des gouttières, du sang qui coule dans les caniveaux de la cour, il est prit de vertige mais reste debout. Des larmes coulent sur son visage. Soudain, un garçonnet tenant un béret entre ses mains sort de derrière lui et le regarde en silence. Il ne le voit pas.
Jonathan vit des scènes surréalistes.
Entre temps, Annie est rentrée et le surprend. Elle se cache derrière un pan de mur, bien en retrait.
Jonathan ne la voit pas.
Il parle dans son imaginaire avec SHLOMO.
‘...Je sais que tu as marché ici et sauté à la corde... !’
Il parle avec lui-même.
‘...Je suis désolé par ce qu’il t’est arrivé. Ne crois pas que tu sois le seul à en souffrir, je souffre aussi mais en silence, même Annie ne le sait pas. Mes parents ne comprennent rien... ! Ils ont autre chose à faire. Mais moi je suis là près de toi en ce moment pénible ... ! Tu veux qu’on fasse semblant de jouer... ? Ok... !’
Jonathan mime des sauts à la corde. Saute à pieds joins. Vise un trou à bille imite un lancer de toupie...Il sue abondamment.
Jonathan s’agenouille sur les gros cailloux encastrés. Il tremble.
Il est prit par une grande émotion. Des frissons le parcourent.
Annie pense que son ami va tomber dans les pommes.
Le garçonnet se lève et va vers Jonathan. Il tapote son épaule.
Jonathan, tout en sueur, se retourne.
Les rayons du soleil et les perles de sueur en bordure de ses cils l’empêchent de voir le visage du petit inconnu.
Jonathan est surprit ...
‘...Je savais que tu viendrais CHLOMO... ! Je t’attendais... !’
‘...Moi aussi... !’
Annie sort de sa cachette et s’approche de lui.
Jonathan la voit et il court vers elle. Il crie à son encontre.
‘...AnnIIIIe.... ! AnnIIIIe... ! Je te l’avais bien dit, SHLOMO est là, il est bien vivant, je ne n’ai pas rêve, regarde le, mon ami... ! Je vais le dire à maman et il va venir avec moi, chez nous... ! OUI ANNIE, il est vivant SHLOMO... !’
Annie n’en peux plus, elle est prise de sanglots Elle le serre dans ses bras.
Elle embrasse son ami JONATHAN. Leurs larmes ne font plus qu’une.
‘...Comme je t’aime Jonathan... ! Oui tu as raison, SHLOMO est bien vivant, et bien vivant... !’
Et les deux pleurent chaudement CHLOMO HALEVY qui vit dans son paradis blanc.
Rahem, rahem na, H. elokénou, rahem
Al Israël amékha, Rahem
Véal Yérousalaïm Irékha,
Rahem, Rahem, Rahem
Al Tzïon Mishkan Kébodékha
Véal Malkhout Beït David mishéhékha
Véal Habaït hagadol véhakadosh,
Rahem, Rahem, Rahem.
Aies Pitié, prière
d'être clément,
Eternel notre D. sois clément
Sur le sort de ton peuple Israël, aies pitié
Et sur le sort de ta ville Jérusalem
Rahem, Rahem, Rahem
Sur le sort de Sïon le site de ton Honneur
Et sur le royaume de ton messie David
Et sur le Grand et saint Temple
Rahem, Rahem, Rahem
Glossaire : Rahem *, aies pitié, sois clément.
RAHEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEM......