Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Le billet
Par Albert Siméoni
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Dans les principaux rôles……Par ordre de rentrée.
Pierre Berthier…………..Cheminot à la S.N.C.F.
Andréa …………………..Sœur aînée de Pierre.
Alfred……………………Le cadet de Pierre.
Aurèlie Berthier…….La maman de Pierre.
Dédé Berthier…….Ancien cheminot, le papa de Pierre décède.
Adèle Parmentier….La fiancée et future femme de Pierre. Epouse Berthier.
Meyer Leïbovici……Fabricant de vêtements à Marseille.
Elie Leïbovici……Frère de Mr Meyer, fabricant de moumoutes au Sentier à Paris.
Les enfants de Elie………..Jonathan, Rachel,Yoschua.
Fred Boutboul……Patron du café ‘…Les Montants qui chantent…’
Georgette Gallois………La cousine de Adèle. 26 ans. Comptable.
Fortunée Hattab……….La concierge de l’immeuble de Mlle Galois.
Irène Smadja………La cheftaine de l’atelier chez Monsieur Meyer.
Maturin Arnaud………Le chef de service de Mr Pierre Berthier.
Camille Lévy………….La petite fille cachée. 6 ans.
José Riberole………Le conducteur de train. 38 ans.
Colonel Bertrand……..Le chef du réseau ‘…VOIE ET LIBERTE…’
Eugénie Blanchard…….La voisine de Monsieur Elie Leïbovici.
Jean-Luc Morton……….L’inspecteur de Police de la rue des Morillons.
Victoria Loiseau…… …La dame de la rue des Annelets. Alias Victoria.
Yvette Lebrun……….La concierge de l’immeuble des Berthier.
Gilles Lefranc……… Barman de la Brasserie ‘..Au petit Annelet…’
Alphonse Pingeon………Le receleur.
Francis Girard………...Le chauffeur.
Le père Amédée………Abbé franciscain du prieuré de l’Enfant Jésus de Prague.……A Ferté en Amont..
Cecile……………………La poupée de Camille.
Les enfants de Camille…. Ruben, Hanna-Henriette et Chlomo .
Monsieur Pascal………….Gardien d’immeuble de M. Leïbovici.
Le BILLET.
Camille et les autres.
Il est 5 heures 30 en ce lundi matin, d’une certaine année, lorsque le réveil de M. Pierre Berthier, sonne.
Cela fait plus de 22 ans, qu’il sonne toujours à la même heure semblable à un rituel qui se répète depuis pour ce cheminot de père en fils contrôleur des ballasts des voies ferrées de la S.N.C.F sur un large périmètre dans la région parisienne.
Autant d’années à surveiller ces rails qui n’en finissent pas et qui crèvent l’horizon.
Ayant pour seuls compagnons, un grand Te à tête d’écrou en acier, qu’il porte en bandoulière, vêtu de sa combinaison couleur bleue sombre et portant sacoche en toile élimée sous le bras dans laquelle repose son déjeuner, au fond de sa gamelle en aluminium.
22 ans sans se faire porter absent par tout temps, tenant parfois sa lanterne à pétrole qui se balance au grès de sa démarche par les jours de forte brume.
Il traîne son fardeau sans jamais protester, ni gémir parce que chez les Berthier on aime ce métier.
L’homme est à ses rails comme le sont les racines aux arbres.
Pierre l’a apprit sur le tas en suivant à la trace son défunt père dans sa jeunesse.
C’est un dur métier, facile en apparence, que de superviser ces longues parallèles en acier trempé, le regard accroché sur chaque traverse en bois
Il faut avoir l’œil et surtout le bon ; celui qui sursaute sur la moindre faille ; le boulon mal vissé, le gros caillou qui entrave la voie ou l’animal perdu immobile en travers des voies, qui risque de se faire catapulter par surprise par les grosses locomotives à charbon. Ajoutez à cela, ces longues marches qui n’en finissent plus sous les vents soufflants des quatre points cardinaux et vous avez une idée de cette fonction, sans oublier les chutes de neige et le verglas qui s’accrochent pareils à des arpètes sur ces barres couleur gris-acier.
Pierre est le troisième enfant d’une famille qui en compte trois…. Il est le plus jeune après sa sœur aînée Andréa, et le cadet Alfred.
Son papa Dédé décéda lorsque Pierre avait 18 ans, laissant sa femme Aurélie accompagnée dans sa solitude par le benjamin car ses deux frères sont mariés.
Il se retrouve donc du jour au lendemain chef de famille avec sa maman bien malade. Elle porte dans son corps de rhumatismaux parasites qui la clouent sur une chaise la moitié du temps. Malgré son handicap, la courageuse quinquagénaire trouvait la force de s’occuper de son tout dernier.
La S.C.N. F. compatissante, proposa au fils, la place du défunt père d’autant plus que le jeune homme avait fait ses premières armes auprès de son géniteur.
Il abandonna donc ses maigres études pour se consacrer à sa nouvelle tache.
Pierre entretient donc une portion de voie ferrée comprise entre DRANCY et PARIS ; la même voie que celle de son papa. Il la connaît par cœur et il s’en vante auprès des autres cheminots qui voient ce jeune fils ‘ des voies ferrées’, débutant, prendre son boulot au sérieux. Il disait qu’il connaissait le nom, pour les avoir touchées, de chaque pierre noircie par les passages des trains roulants à vive allure. De temps à autre, les mécaniciens, accoudés aux ‘ hublots’ de leur grosse ‘locos’, ‘les gueules sales aux mains noires’, crachant la houille en fumée épaisse, le saluaient par un large signe de la main.
La guerre de 14/18 éclate et il ne fut pas mobilisé pour cause de soutien de famille.
Il se présenta aux armés pour son engagement. Son dossier médical en plus de cela, ne parle pas en sa faveur. Il est donc recalé.
Quatre ans plus tard, l’Armistice sonne le glas de cette boucherie. Et de ses espérances. Il à 22 ans.
Passent les années.
Pierre, vers l’âge de 40 ans, décide de prendre épouse sur les conseils de sa maman. Il se faisait vieux selon ses dires. Il épouse donc en cette fin d’été, 1938, une lointaine cousine du nom de Adèle…. Adèle Parmentier qui habite Marseille dans le quartier de la Roquette pas très loin du port de Marseille. De famille modeste, Adèle a 25 ans et travaille chez un fabricant juif dans la confection des vêtements.
A suivre...