Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Par Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET XX
-‘…Maman, vous venez d’accomplir une grande Mitsva, vous le savez. Je ne sais que vous dire… ! Que D ieu vous donne la santé… ! Quant à moi, je vais vous regarder faire… !’
Olga, sans perdre de temps, met un tablier autour de sa taille et commence sa besogne avec diligence. Toute la vaisselle est purifiée avec soin selon le rite juif orthodoxe.
Olga se prend à confectionner son plat de poisson avec du riz.
Elle attend patiemment la cuisson tout en allumant du bois qu’elle introduit dans le compartiment approprié du four.
Pendant ce temps, elle prépare sa pâte pour confectionner ‘des khallots’ et des petites pâtisseries sous les yeux curieux de la maîtresse de maison et de sa belle-mère.
Une demi-heure plus tard, elle enfourne son pain. Toujours sous les regards de ses témoins qui s’extasient du savoir-faire de cette femme aux principes rigoureux.
Le pain cuit, elle s’attèle aux gâteaux. Tout en jetant un œil sur la cuisson de son met. Elle charge Aurèlie et Adèle de lui préparer quelques salades.
Un délicieux fumet s’échappe de la cuisine et envahit toutes les pièces. Le nez averti du religieux comprit que quelque chose de grandiose se trame.
Deux heures plus tard, midi sonne à la pendule. Pierre est de retour et il est surpris par ces délicieux fumets. Il ne dit rien. Il devine le plan que lui réserve sa belle-mère en la croisant en bas de chez lui et qui se prépare sous la direction de la nouvelle ‘maîtresse de maison’ d’un soir, Olga.
La table pour le midi est dressée. Des salades, en abondance, garnissent la table.
Le religieux et les enfants font leurs ablutions tout en récitant les prières d’usage.
Par respect pour la famille, on ne pose pas de vin non cacher mais des bouteilles d’eau.
Des filets de merlan panés et des frites coupées en lamelles, bien chauds, attendaient preneur. Toute la maisonnée se retrouve assise autour de la table. Ils mangent convenablement, tout en laissant libre court à toutes sortes de conversation en rapport avec l’actualité. Puis vient le tour des desserts. Des pommes et des poires achetées bon marché, côtoient par la suite les reliefs laissés dans les plats.
Plus tard, Pierre émet le vœu de s’allonger un peu tandis que M. Elie retourne dans sa chambre avec toujours cette soif de prier. Les enfants jouent autour de la table tandis que les femmes s’attellent aux derniers préparatifs du shabbat.
Olga vers les 18 heures 30 allume une veilleuse, en priant, toujours sous la surveillance d’Aurèlie et de Adèle qui écoutent.
-‘…En souvenir des âmes de nos ancêtres.. !’ Dit-elle.
M. Elie prend sa douche ; suivent ses enfants et Madame Olga.
Elle rentre par la suite dans sa chambre pour s’apprêter. Elle en ressort, convenablement vêtue, sans chic, la tête ceinte par un fichu de couleur bleu.
-‘…Vous êtes très belle Madame Olga.. !’ Dit Aurèlie à son encontre…
Pierre se lève enfin de son bénéfique sommeil. Il découvre une table dressée avec beaucoup de soin, une serviette blanche recouvre quelque chose. . Elle attire son attention.
Adèle lui souffle à l’oreille…
-‘…C’est le pain du motsi… !’ Chéri.. ! Nous allons assister pour la première fois de notre vie à une entrée d’une belle fiancée’ comme me l’a dit Olga… !’
-‘…Quelle fiancée… ?’
-‘…Chez les juifs pratiquants, le respect du shabbat est important et ils assimilent cela à la venue d’une fiancée toute belle qui donnerait le coup d’envoi de la rentrée du jour sacre… !’
-‘…A quelle heure doit t’elle rentrer chez nous et en plus on n’a rien prévu pour elle.. !’
-‘...Mais non, tu ne comprends pas, aucune fiancée ne viendra mais c’est un symbole ce qui veut dire que le shabbat doit être attendu comme une fiancée enfiévrée qui attend de franchir la porte… ! Ils doivent impérativement se préparer avec ferveur à cette arrivée… !’
-‘…C’est du virtuel alors… ?’
-‘…Oui si tu veux … ! En plus, il l’accueille avec des chants et beaucoup de joie… ! C’est magnifique Pierre… !J’attends cet instant avec solennité… !’
-‘…Bon alors attendons ensemble… ! Je suis heureux de les voir près de nous chérie.. !’
La nuit ne se fait pas languir.
A suivre…