Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
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Le BILLET XXVIII
Pierre sirote un jus, accoudé sur le comptoir du snack, quand il se sent presque happé par un bras.
Il se retourne et là, il est agréablement surpris de reconnaître Madame Jeannette Loiseau alias Victoria vieillie.
-‘…Vous.. ? Ici … ?’ Dit-il en haussant la voix… ! Chérie, maman, les enfants, je vous présente Madame Jeannette Loiseau alias Victoria… !’
Victoria sans hésiter prend dans ses bras Adèle qu’elle embrasse. Elle fait de même avec Aurèlie et les enfants…
-‘…Puis-je vous le prendre un instant, j’ai tant de choses à lui raconter.. !’
Dit-elle d’une voix assurée malgré son age.
Elle s’empare de Pierre et les deux, bras dessus bras dessous, s’attablent au snack bar du lieu.
-‘..Il est temps que je vous raconte presque tout. Je suis née premièrement Cahen. Mon mari était chrétien mais il décéda avant la guerre me laissant avec mes deux enfants, Charles et Romuald. Mes enfants vivent aux States et ils sont dans la finance. Je ne vis pas loin de leur logis à NEW-YORK. Je suis grand-mère six fois. Bon, assez parlé de moi... ! J’étais agent de liaison dans le réseau ‘…VOIE ET LIBERTE…’ sous le commandement de Arnaud, colonel alias BERTRAND… !’
-‘…C’était lui mon chef de gare, le Colonel… ? Ca alors… ?’
-‘…Nous priions chaque instant pour qu’il ne fût pas démasqué, il était en rapport direct avec le Field-Maréchal VON LIBZ, qui se suicida quelque temps après dans son bureau, il avait mit toute sa confiance en lui et Arnaud profitait de ses beuveries pour lui présenter de jolies femmes du réseau et ainsi pouvoir consulter secrètement ses dossiers personnels, sans qu’il soit inquiète. Grâce à cela nous avons pu sauver à temps de nombreuses familles juives destinées à la mort. M. Elie, était un homme important dans la communauté et malgré nos avertissements, il refusait de partir tant qu’il n’avait pas avertit certains de ses nombreux employés juifs.
Il s’en voulait par moment de n’avoir pas pu sauver la famille de Camille. Au dernier moment, il voulait se déplacer mais la gestapo l’a raflée avant et nous étions sur le qui vive en ce moment là car elle le soupçonnait de faire partie de notre organisation, alors qu’il n’en était rien. Nous étions tous dans un merdier comme pas possible. M. Elie était un homme important. Il aidait aussi bien les familles démunies chrétiennes que juives, son meilleur ami était l’archevêque de Paris Monseigneur DEBRAY mais il décéda quelques temps avant l’occupation de Paris par les Allemands. Son remplaçant Monseigneur Joseph Romain était un personnage timoré, frileux qui n’osait pas affronter la gestapo au risque de la voir se retourner contre lui. Il recevait ses ordres du Vatican et il se devait de les appliquer à la lettre sans aucun état d’âme. M. Elie détenait une importante liste de noms de compatriotes juifs et chrétiens et au dernier moment, il réussit à la cacher dans une doublure d’une de ses fourrures, en partance à l’étranger. Les Allemands n’y on vu que du feu. Nous avons retrouvé, plus tard, cette fameuse liste grâce à la perspicacité d un de nos hommes qui faisaient office de gardien d’immeuble, M. Pascal.
M. Elie était aussi dans notre communauté un homme très respecte, et influent, président d’honneur. Il détenait aussi la trésorerie de son association. Il m’avait donné, pressentant sûrement son arrestation, la combinaison du coffre et dés que la mauvaise nouvelle m’est parvenue, je suis allée retirer une somme importante qui s’y trouvait. Cela nous a permis de soudoyer des soldats allemands. Huit familles ont ainsi eut la vie sauve.
-‘…Et Camille alors… ? ’
-‘…Camille…. ? Henriette Lévy et ses trois enfants étaient nos voisins depuis très longtemps. Lorsque la Gestapo est arrivée, Camille était par miracle chez nous. Nous l’avions retenue afin qu’elle ne soit pas aussi embarquée.
Henriette se doutait bien que je faisais partie de la résistance.
Du moins, elle l’avait compris un jour où par erreur, un de nos agents de liaison, commit l’erreur de se tromper de porte et remit un document important à Henriette en lui disant ceci...
‘...C’est pour la tante Victoria... !’ Croyant qu’elle Henriette faisait partie du réseau. Ce n’est qu’en le voyant repartir par hasard par ma fenêtre que j’avais compris la méprise.
Et là, j’entends la porte frappée, c’était Henriette, elle me remettait le précieux document en me disant
‘...Vous êtes une femme merveilleuse Jeannette... !’
Malheureusement, tout se passa autrement pour eux.
Quelques mois après la rentrée des nazis en France, nous avons su ce qu’ils faisaient dans les autres pays de l’Europe envers nos communautés juives. Nous avons été pris de court par la vitesse d’exécution de leurs missions. Nous avons donc contacté certaines églises et paroisses à Paris et dans toute la France pour leur demander d’héberger des enfants juifs pour un temps limite. Certaines ont accepté sans rechigner alors que d’autres n’ont même pas eu la courtoisie de nous répondre. Nous avons mis en place, avec l’agence juive une sorte de filière ‘…Des enfants pour Israël...’ Camille était en instance de départ mais votre ténacité, votre courage à aller au fond de votre idéal nous a freiné à la faire immigrer sans que vous lui remettiez avant le message. Vous avez tenu à ce que cela soit vous, que vous le fassiez au risque de mettre sa vie en danger… ! Et notre organisation. Le père Amédée s’impatientait de la prise en charge qui tardait pour Camille… ! Nous avons donc laissé faire connaissant pertinemment votre volonté et votre courage.. ! Bon voilà grosso modo, presque toute l’histoire ... !’
A suivre...
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
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