Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Par Albert Siméoni
Acte I. Scène V.
Dans ses grands moments de solitude, elle se laissait aller à pleurer en se rappelant ses grands-parents.
Isaac venant souvent rendre visite à ses parents.
Il venait de Dresde tous les week-ends.
Il avait toujours quelque chose pour elle mais presque jamais rien pour ses frères.
Isaac avait ses petites manies comme regarder souvent sa pendule qui retardait, cela la faisait rire. Il disait qu’il faudrait bien qu’un jour il l’a change car elle le mettait maintes fois en retard mais jamais en avance. Un maniaque de l’exactitude souvent prit par défaut par cette montre à chainette que lui avait offert son papa avant sa mort.
Khana se rappelait aussi de cette anecdote que lui racontait Isaac son grand père, lorsqu’assise tout enfant sur ses genoux, son tri bisaïeule avant de fermer les yeux définitivement s’adressant à son fils, lui avait dit ...
‘...Isaac mon fils, prend soin de ma montre, avec elle tu ne seras jamais en retard, et jamais en avance... ! Mon fils, ne peux tu pas arrêter le temps un instant afin que je puisse rester encore un peu avec vous... !’
Alors Isaac, en bon fils, reculait les aiguilles de cette vétuste montre pour retarder l’échéance, la mort de son papa. Mais en vain car malgré cela, le tri bisaïeul s’en était parti à un âge très avancé. Elle en riait au rappel de ce souvenir dans son cagibi de fortune.
Octave son grand-père maternel était plus réservé. Il était d’origine polonaise. Lui par contre retenait toutes ses émotions et le faire rire tenait de la prouesse. Khana avait pour lui une grande tendresse. Lorsqu’il venait chez eux, il s’installait toujours sur le grand divan, toujours à la même place, ce qui faisait dire souvent à maman Olga ‘...Les enfants, Octave votre grand-père va arriver, alors n’oubliez pas de laisser sa place vide... !’
Depuis on avait surnommée sa place ‘...Le coin Octave... !’
Un matin alors qu’il débarqua sans s’annoncer, mon frère Jonas commit un délit. Il était assis sur la place Octave.
Maman toute confuse, ne sachant que dire et s’adressant à lui gentiment mais avec beaucoup de gêne
‘....Octave, je suis désolé, je n’aurai pas du le laisser s’asseoir... !’
Mon grand-père eut cette remarquable répartie qui nous fit tous rire.
‘...Mais ma chère Olga, nous avons tous une place à prendre dans la vie... !’
L’incident diplomatique prit fin dans la bonne humeur.
Alors maman afin que cela ne se reproduise plus avait placardé sur un pan de mur de la cuisine, un joli écriteau.
‘...N’oubliez pas mes chers enfants que s’il y a une Octave à respecter dans cette maison, c’est celle d’Octave... !’
Nous n’avons pas eu de mal à comprendre l’allusion.
Ainsi Khana pensait pour passer son temps dans son trou.
A Suivre...