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La Pchicha
Avec Ayala
Source : La cuisine de chez nous
Une coutume juive-tunisienne veut qu'on mange la Pchicha la veille du mois de Nissan, cette année, le 31 mars 2014 au soir.
La Pchicha ou Pchich est un mélange de blé, pois chiches, févettes chauffés au four et moulus avec un ajout d'épices. On dit que chaque ville a ses habitudes, j'ajouterai que chaque ville a sa manière de cuisiner les recettes tunisiennes et chaque ville a sa Pchicha.
J'ai vu la recette de La Pchicha des Juifs Tunisois et celle des Djerbiens.
Je vous proposerai deux recettes, l'une sfaxienne et l'autre gabésienne. Le résultat donnera deux bonnes Pchicha tout aussi succulentes et fortifiantes : les protéines contenues dans les céréales remplacent fort bien celles des viandes diverses, avec cette aptitude qu'elles n'incitent pas le cholestérol HDL.
On mange la Pchicha à Tou-Bichvat la nouvelle année des arbres qui tombe le 15 Chvat, la semaine du festin d'Ytro avec un ajout de fruits secs (et bonbons, si l'on veut). On la remue alors à l'aide d'une clef, symbole de la prospérité -.
Ingrédients pour la Pchicha sfaxienne :
1/2 kilo de blé
165 gr de févettes décortiquées
300 gr de pois chiches
80 gr de graines de coriandre (tabeul)
80 gr de graines d'anis (bechbèche)
20 gr de cumin
20 gr de carvi (keryilla)
1 pelure d'orange desséchée et pilée
Note : selon la recette de ma belle-mère Miha Bouhnik (zal)
Ingrédients de la Pchicha gabésienne
1/2 kilo de blé
165 gr de févettes décortiquées
330 gr de pois chiches
80 gr de graines de coriandre (tabeul)
1 verre de sorgho (drô)
1 pelure d'orange desséchée et pilée
2 kg de blé
1 kg de pois chiches
1 kg de févettes
400 gr de graines de coriandre
400 gr de graines d'anis
Chauffer légèrement les céréales au four, après les avoir moulues, ajouter les épices moulus préalablement.
Service :
Ajouter de l'huile d'olive et remuer. Il est possible d'ajouter une demi-mesure d'huile d'olive et une demi-mesure d'eau potable.
A Tou-Bichvat le chef de famille remue à l'aide d'une clef, tous les membres de la famille posent leurs doigts et on récite une prière :
Ya Tharik el Bsis
Bel meftah ibgh'ir meftah
Han âléna ya Rabbi el Fetah
Han âléna ya Moulana
Nissan hal el bibène
Ô Toi qui mélange le bsisse
Avec la clef ou sans clef
Sois miséricordieux Hashem qui offre la prospérité
Sois miséricordieux ô Toi nôtre Maître
Anecdote :
Il y a bien longtemps, mes deux jumelles aînées, élèves du cours supérieur étaient en excursion avec leurs classes en Galilée la veille du mois de Nissan.
Leur père Camus s'était joint à elles comme vigile.
Les écolières étaient divisées en groupes de quatre afin d'acheter les provisions pour trois jours et préparer les repas ensemble.
Ma belle-maman (zal) de son vivant ne souffrait pas qu'on ne suive les coutumes en général et celle de mélanger la Pchicha en particulier.
Elle a en fin de compte compris qu'on ne pourrait pas annuler une activité organisée par l'école, mais elle a ajouté aux provisions à emporter une boite contenant de la Pchicha et un petit flacon d'huile d'olive à mélanger le soir, sans oublier une clef toute neuve enfouie dans la poudre de céréales.
Alors en coupant les légumes mes filles encouragées par leur père, le cinquième du groupe, expliquent ce qu'est la coutume de la Pchicha et une longue conversation s'ensuit, car chaque communauté a ses coutumes. La notre est développée de long en large et en profondeur. Camus qui est du groupe parle alors de la Pchicha. Il explique :