Souvenirs de Tunisie, dialogues, cuisine, littérature, poésie, divers
Albert SIMEONI
Paris le 8/3/2005.
Tous les évènements narrés dans cette nouvelle sont imaginaires et ne peuvent constituer un plagiat d’aucune œuvre connue.
Le BILLET V.
Adèle et Pierre sont à l’abri du besoin. Ils ont même fait de substantielles économies qu’ils placent en banque.
Le couple fait part à l’aïeule de leur vœu de changer une nouvelle fois d’appartement, au vu de leur futur et nouvelle situation…. La maman est désappointée par ce projet.
‘…Ne craignez rien, belle maman, nous n’irons pas bien loin, et vous verrez toujours vos amies… !’
-‘…Dans ce cas je suis d’accord, mais pas loin du Métro de Belleville…. !’
-‘…Nous irons nous installer du côté de Télégraphe, nous avons une petite idée, et vous serez encore mieux installée. Nous aurons une baignoire et des toilettes personnelles, plus une vue
admirable sur la rue de Belleville….Alors cela vous convient t’il … ? Puis il faut penser aussi au bébé, ici ce n’est plus possible…. !’
-‘…Je n’ai pas le choix Adèle, je vous suis, je suis si heureuse…Avec vous.. !’
-‘…Nous aussi, et je suis fière d’avoir une belle-maman comme vous… !’
Edouard- Dédé, un joli garçon naquit donc en 1940.
C’est la guerre.
Les évènements se précipitent et les Allemands envahissent la France. Paris est occupé.
Les Allemands sont partout. Le haut commandement allemand réquisitionne certains bâtiments pour installer leurs sbires. La police nazie commence sa traque aux juifs avec la complicité de certains collaborateurs français. Des milices françaises, sous les ordres de la gestapo, sont chargées de la surveillance de Paris et de sa couronne. Petit à petit, les nazis tissent leurs toiles et s’infiltrent de partout.
Quelques semaines plus tard, la capitale est sous la coupe des ‘fritz’.
Les premières rafles avec leurs convois de malheur et de misère commencent dans certains quartiers de Paris. Les Parisiens, peu habitués à ce genre de vécu, prennent peur et leur mal en patience. Le rationnement dans la capitale encourage le marché noir.
Les juifs sont obligés de porter l’étoile jaune et les dénonciations commencent. La peur du voisin s’installe partout.
Paris vit les heures les plus sombres de son histoire. La ligne de démarcation coupe la France en deux, jusqu’en 1942, comme on le sait. Elle sépare le nord du sud, en passant par le centre. Ce qu’on appelle la zone libre. Le gouvernement de Vichy est né sous la présidence du Maréchal Pétain.
On ne compte plus les rafles et les regroupements d’individus dans des camps en région parisienne, la gestapo les reconnaît comme étant des ennemis à leur cause.
Les communistes et les juifs sont les premières victimes à être déportés vers des destinations inconnues. La police de Vichy redouble d’excès bien au-delà qu’espèrent les nazis.
Pierre regarde, lors de ses longs trajets à pieds sur les voies, ces wagons plombés qui partent sous un dernier coup de sifflet vers le centre de l’Europe. Il est sidéré par ce qu’il voit et entend, au point de se confier un soir à sa femme et à sa maman en ce mois de juin. Il ne comprend rien à toute cette délation qui fait tache d’encre. Le couple apprend que toute la famille Hattab, la concierge de son ancien logis et ses 5 enfants, tous en bas âges, fut embarqués pendant une froide nuit, avec quelques baluchons , dans des camions remplis de concitoyens.
Fred, le cafetier avait fermé boutique, lui aussi déporté.
La chasse aux juifs prend sa vitesse de croisière et c’est par camions entiers que la gestapo, sous l’œil vigilant et consentant des miliciens à la solde des nazis, les engouffre, avec un simple baluchon ou une vétuste valise, vers ce qu’on appellera plus tard les camps de la mort.
Personne n’y croyait mais le secret entretenu par les nazis était bien gardé.
Des groupes français de patriotes, sous l’impulsion du Général du Gaule, commencent à se former en réseau.
L’armée de l’ombre prend naissance, sous la forme de résistance à l’occupant. Elle fait son apparition dans les milieux communistes.
Les Parisiens sont sous pression.
A suivre…