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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 18:35
A la mémoire de Simon.

Simon debout derrière son comptoir,
Dorlote ses clients, coupe les saucissons,
Pèse les olives, empaquette, sert à boire,
" ’Jour m’dame, que vous faut il mon garçon ?"
Et les clients remercient le petit monsieur,
Et en font l’éloge au patron, froid tel un glaçon.
Et le travail marche bien, grâce à Dieu.

La routine est déréglée par une belle demoiselle,
Qui aime parler à bâtons rompues, de rien et de tout,
De lectures, de la vie, brillent ses yeux de gazelle,
Simon lui fait la réplique et la suit partout.
Il ne se passe un jour, sans une rencontre des papoteurs,
Ils ont tant de choses encore à se dire, des confidences,
Des anecdotes, des histoires, et de mots prometteurs.

Bientôt se dévoila le hic, en paroles elle est très large,
Mais pour le reste, elle est d’une grande avarice :
Chez elle, pas de coup de fil, ce serait du gaspillage.
Simon trouva la solution pour la détourner de ce vice :
Il lui donna un jour un vieil appareil téléphonique,
Et lui dit : parle sans arrêt ma belle et douce Alice,
L’instrument est ici, et ce sera sur le compte de Bouhnik.
Parles dit-il, ne te prives surtout pas de ce délice.

Alice ne se fait pas prier, elle bavarde avec les amies,
Fait appel à ses tantes, ses sœurs et ses cousines,
A ses camarades de classe, ses connaissances et sa famille,
Elle parle de nuit, de jour, le matin et en sourdine,
Son papa se fâche, quand il paye la note, nom de nom.
- Père, c’est une erreur. Je parle de l’appareil de mon ami.
- Tu es une poire, et je paye la facture et pas Simon.

- Tu te fais avoir au propre et au figuré, ta cervelle est à demi.
Ah ! Tu me ruines, s’écria-t-il. Tu as bien choisis ton ami, Alice,
- Papa et les appels de Simon ? Demanda la belle sans malice.
- Il reste là, il boit de la citronnade, parle sans arrêt au téléphone,
Et je paye les frais, pendant que tu bécotes petite friponne !
Va, installe toi chez sa mère, et mange sa chakchouka,
Et si elle demande ta main, cette année sera mabrouka.

Hélas ! Simon est parti à l’au delà, Dieu lui pardonne,
Alice mariée à Bébert, est devenue une grosse matrone.
La vie commence si bien dirait mon ami Jexpire,
Mais elle change du tout au tout, après le dernier soupir.

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Published by Camus - dans Poésie
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commentaires

Camus 04/03/2009 11:09

Bonjour Morgane. Je pétris la pâte pour le pain. Je te montrerai des photos.
Bisous.

Morgane 03/03/2009 20:05

Bonne soirée Camus
bisous

Camus 03/03/2009 10:59

Bonjour Morgane, je suis assis au soleil avec Vivi, je n'ai plus envie d'entrer. Merci pour les compliments, je viendrais te rendre visite après mon bain de soleil.
Bises.

Morgane 03/03/2009 10:19

Bonjour Camus
Très jolie et avec de l'humour en plus.... Bravo
Je te souhaite une bonne journée avec le soleil j'espère
bisous